Une des joueuses les plus expérimentées de la Ligue Féminine, l'internationale Johanna Boutet, nous fait mieux connaître ce qu'est son métier, au travers de son parcours !


-Bonjour, les milliers de personnes qui vont te lire, ne te connaissent que peu, tu présentes la joueuse et son parcours en quelques mots ?

J.B. : Johanna, 30 ans, depuis peu (NDLR : 2 jours, en fait, le 11/01), j'ai commencé le basket à 8 ans, en poussine à Tours. Je suis partie en cadette au centre de formation de Montferrand, j'y suis restée deux années sans jouer la première année car il y avait eu un problème de licence avec le club de Tours. La deuxième année, je n'ai joué qu'en espoir car j'étais la 4ème mutée pour jouer avec les grandes. De là, après quelques problèmes avec Montferrand, je suis partie au Stade Clermontois où j'étais avec Paul Besson, où j'ai encore joué deux ans, mais pas la première année car j'étais, une fois de plus, la 4ème mutée de l'équipe première. La seconde année, j'ai joué en espoir et en première. Je suis ensuite retournée à Montferrand, car je m'y plaisais bien et le club venait de changer de dirigeants. Il y avait Sabine Deneuve, et j'y suis restée 5 ans, le temps de descendre en N2 à la suite de problèmes avec Michelin et de remonter en deux ans en N1A. Après je suis partie à Aix avec Jacques Vernerey, bons souvenirs, ensuite un an à Valenciennes, où j'ai connu l'Euroligue, puis Mirande, où là ça n'a pas été terrible, juste 3 mois à cause du dépôt de bilan et voilà comment je me suis retrouvée à Tarbes, tout près de Mirande et maintenant ça fait deux ans et demi que je suis à Tarbes.

-Pourquoi avoir choisi de faire du basket au début ?
J.B. : Au début, je voulais faire du foot, mais j'avais une cousine qui faisait de la danse et ça me plaisait les tutus, les machins ... donc j'ai essayé, ma mère m'a inscrite à la danse, j'ai fait une semaine et demi de danse, le temps qu'elle m'achète le tutu, les chaussons, je lui ai dit que j'arrêtais. Mon père m'a alors amenée voir les poussines de l'ASPO Tours, je me suis entraînée et cela m'a plu tout de suite, je me suis éclatée, j'ai dit "je veux revenir" et depuis je n'ai jamais arrêté.

-Tu es restée 9 saisons sur Clermont-Ferrand, depuis tu as changé en quatre années, chaque fois de club. Pour Mirande, tu n'y es pour rien, mais est-ce les circonstances ou un choix, même passager ?
J.B. : J'ai changé tous les ans parce que cela s'est présenté comme ça. Si, je n'avais pas eu les propositions de Valenciennes, j'y serais peut-être encore. Jacques Vernerey voulait que je reste à Aix, mais la possibilité de participer à l'Euroligue, chose qui n'était pas sûre de se représenter après, j'ai voulu sauter sur l'occasion, et même financièrement, tout était plus intéressant pour moi. Quitter Valenciennes, ce n'était pas non plus mon choix. Marc Silvert a attendu longtemps avant de me dire en gros s'il gardait Tournebize ou Boutet et moi je ne pouvais pas attendre non plus qu'il ne reste plus rien pour bouger. Mirande m'avait fait une proposition donc je suis partie. J'ai senti qu'il n'était pas très chaud, j'ai pris les devants et je suis partie. Tarbes, ce n'était pas prévu au départ, maintenant j'y suis et j'y suis bien.

-Pour revenir sur la période Mirande, comment as-tu vécu le dépôt de bilan, le procès avec la fédération qui a eu un comportement différent avec les espoirs et avec les pros ?
J.B. : Moi, je l'ai mal vécu parce que j'étais motivée pour cette saison-là on avait un groupe sympa, on a fait aussi une bonne préparation. Ca nous a tout coupé, j'ai eu vraiment les boules parce que cela te fout une saison en l'air à cause de ce règlement à la con qui t'empêche de ressigner une licence dans une même saison. C'est vrai qu'il n'est pas normal qu'il y ait un règlement pour les espoirs et un pour les pros. Qu'est-ce que tu veux faire, c'était comme ça, et on n'avait pas le choix de toute façon. Heureusement, j'ai eu la possibilité de faire deux ou trois matches en coupe d'Europe. Mais si j'avais voulu jouer, il aurait fallu que je parte à l'étranger, c'est quand même malheureux.

-Sans jouer presque une année, est-ce que cela donne envie de coacher ou de rejouer ? Est-ce que l'on n'a pas une approche de coach lorsque l'on se rend à la salle ?
J.B. : C'est bien parce que tu te mets de l'autre côté de la barrière, t'apprends à regarder les gens jouer, tu vois beaucoup plus d'erreurs que quand tu es sur le terrain mais c'est frustrant car mon but à moi c'est de jouer et pas de coacher. Je ne prenais vraiment pas mon pied à rester sur le banc. Faire les stats, cela ne me plaisait pas, peut être que cela me plaira plus tard, mais quand tu as envie de jouer, cela ne remplace pas le jeu.


photo USVO
-Des clubs que tu as connus, lequel tu laisses l'impression du plus grand professionnalisme ?
J.B. : Valenciennes ... et Aix, dans l'ordre. Valenciennes est un club où quand tu bosses, tu le fais sérieusement, où quand tu dois faire un match d'Euroligue ou de championnat, tu pars deux jours avant, t'es prêt à faire ton boulot correctement. Ils se donnent les moyens de faire les choses correctement. Ils n'avaient peut-être pas le même budget qu'ailleurs, mais je pense que c'est cela que d'avoir un grand club, se donner les moyens de faire les choses. Quand les filles ne font pas leur job, ils peuvent râler parce que les moyens sont donnés pour faire du bon travail. A Aix, c'était un peu pareil aussi, avec moins de moyens, mais ils arrivaient à faire les choses correctement.

-Est-ce qu'il y a des joueuses françaises ou étrangères qui ont marqué ton parcours ? Et de quelle façon ?
J.B. : A Montferrand, j'ai connu Maryline Joly, Cathy Malfois, Viviane Marie Perrin qui joue encore au Stade Clermontois et qui m'ont impressionnée car je n'avais jamais vu de grande basketteuse, je ne savais même pas en sortant de Tours que ça existait ! Je garde aussi en mémoire Françoise Amiaud, Isabelle Désert. Ensuite, Odile (Santaniello) m'a marquée, c'est quand même une joueuse exceptionnelle. Isabelle Fijalkowski car elle je l'ai vue évoluer, je l'ai vue jouer gamine et le parcours rapide qu'elle a fait. Aujourd'hui, il y a Cathy Melain qui est bonne dans tous les domaines, qui est complète et qui est quelqu'un de bien en plus de cela ! Parmi les étrangères, il y a eu Rhondda Mapp, à Aix, Polina Tzekova qui restera quand même une des meilleures ... (elle réfléchit) Cynthia Cooper, j'ai eu l'occasion de jouer contre elle plusieurs fois avec Clermont et Aix : très grande joueuse.

-Et parmi les coachs ?
J.B. : Pour commencer Michel Bergeron, que j'ai eu à l'école alors qu'il entraînait les ProA garçons de Tours et moi je le badais ! Et pour moi être entraînée par lui c'était un rêve et c'était exceptionnel ! Charles Tassin qui a été un des premiers entraîneurs à me faire confiance en Coupe d'Europe. J'ai gardé beaucoup de positif, même s'il a ses défauts, de Jacques Vernerey car il m'a fait beaucoup travailler. Il y a José (Ruiz, coach de Tarbes) qui a une façon de travailler que j'aime assez, qui demande beaucoup, mais qui t'apporte beaucoup aussi. Et Alain Jardel, que j'ai appris à connaître , qui était pour moi un grand bonhomme avec tout ce qu'il avait vécu avec Mirande, tu le sais, tu t'attends à rencontrer quelqu'un de grand et c'est quelqu'un d'exceptionnel ! Mais ils sont tous différents, ils ont tous leur manière de travailler et c'est bien de pouvoir rencontrer différents coachs, ça complète un peu la joueuse. Tous ne m'ont pas utilisée de la même façon. (Après un moment de réflexion) J'ai oublié de te dire qu'il y a aussi mon papa qui m'a marqué car c'est lui qui, à mes débuts, m'a appris à jouer ! Je ne vais pas l'oublier !

-Tu joues n°2, tu mesures 1,76m. Il y a quelques années c'était une bonne taille pour cette position mais est-ce que tu constates une évolution en taille dans ce domaine ?
J.B. : Je constate que la nouvelle génération a été bien arrosée car elles poussent, elles n'arrêtent pas de pousser. Je m'en rend compte parce que c'est difficile quand tu te retrouves en un contre un face à des nanas qui font "deux ou trois têtes" de plus que toi, mais pour l'instant ça ne me gène pas trop car j'arrive à les battre de vitesse. C'est pour cela que je m'acharne à courir, courir toujours courir, c'est ce qui me fait prendre les devants sur des filles comme cela.

-Tu es au bureau de l'AFB (Association Française des Basketteuses), quel y est ton rôle ? Qu'apporte cette association aux joueuses ?
J.B. : Je suis secrétaire générale et j'ai comme assistante Cathy Melain. C'est une association qui apporte de l'information, de l'aide pour la recherche d'emploi, pour la reconversion. Quand une fille rencontre des problèmes avec son club, nous sommes là pour la conseiller, la diriger vers des gens qui peuvent l'aider à se défendre. Ca fait deux ans qu'elle existe et il y a encore beaucoup de travail à faire. Déjà essayer de faire prendre conscience aux joueuses que c'est important pour elles, ce n'est pas bien compris par tout le monde. On a de moins en moins d'adhérentes, cette année on n'a reçu que 25 cotisations, on est en train de descendre. C'est pour elles que l'on fait cela, pour les toutes jeunes qui arrivent derrière, c'est pas encore bien clair pour elles, c'est dommage mais elles s'en mordront peut être les doigts plus tard !


-Un championnat amateur joué par des professionnelles, est-ce que cela veut dire que la création de la ligue n'a strictement rien changé ? Par exemple, est-ce que l'affaire Mirande serait différente si elle se déroulait maintenant ?
J.B. : Sur ce cas précis, non, ils ont dit qu'ils avaient changé les textes de loi mais je n'ai pas vérifié. Si un club dépose le bilan, les joueuses devraient pouvoir rejouer dans un autre club. Mais, sinon ça n'a pas changé grand chose, la ligue n'est pas professionnelle mais les joueuses si. En ce moment, les gros problèmes on les découvre avec l'affaire Mirande. Elle est encore entre les mains des prud'hommes et l'on verra si l'on peut toucher l'intégralité de notre contrat.

-Cette année-là, après le dépôt de bilan de Mirande, tu as passé presque une année sans compétition et tu as été quand même sélectionnée en équipe de France. Est-ce que cela a été une surprise ?
J.B. : Oui, au départ ça a été une surprise. Tu te dis, "t'as pas joué ça va être difficile pour toi !". Je pense qu'Alain (Jardel) a été dans ce sens qu'il s'est dit "elle s'est quand même entraînée, elle a fait quelques matches, pourquoi pas lui donner sa chance". Mais c'est vrai que je me suis préparée à fond dans le cas de l'éventualité d'être contactée et d'être à la hauteur. Mais j'ai bien senti que j'avais du mal à être dans le rythme. Oui, j'ai été surprise.

-Comment as-tu vécu le dernier championnat d'Europe ?
J.B. : Un moment fabuleux. Même si je n'ai pas beaucoup joué, j'avais un rôle important de coéquipière, de remplaçante. J'ai tout fait pour essayer de motiver mes coéquipières, celles qui jouent, celles qui ne jouent pas, apporter un plus. Je ne vais pas te dire que cela n'a pas été difficile, car tu as toujours envie de jouer et il y a des jours où j'ai passé mes soirées à pleurer ... Mais d'un côté c'est positif, car tu vis le truc, tu as envie de participer, c'est normal. Toutes les filles qui ne jouaient pas avaient les boules aussi, mais tu te dis que tu es là que tu as beaucoup de chance, il faut te tenir prête pour le moment où l'on va faire appel à toi. C'est ce que j'ai essayé de faire du mieux possible. Après les choix de l'entraîneur c'est une chose, l'équipe de France ce n'est pas le club, tu sais que tu vas jouer moins, qu'il y a du monde devant toi, ce n'est pas toujours facile à gérer ... mais ça restera un moment inoubliable au niveau de l'ambiance dans ce groupe, avec le staff, c'était un tout, une petite famille qui s'entendait bien.

-Lors des trois derniers matches de l'équipe de France, ton temps de jeu est passé des 4 (Pologne) à 24 minutes par match, est-ce que tu as noté un changement au niveau de la confiance que Jardel pouvait placer en toi ?
J.B. : Oui, j'ai senti qu'il avait envie de me donner plus de chances. Moi, là, j'ai pris mon pied sur cette semaine-là. D'une, il m'a fait jouer longtemps et sur le terrain ça c'est bien passé aussi ... j'ai tout donné aussi pour que ça se passe bien. Je me souviens après le second match en Pologne, Yannick (Souvré) est venue vers moi et m'a dit "Alors ?" J'ai dit "Je prends mon pied ...". J'avais joué 29 minutes et ça s'était bien passé. Moi, c'était l'extase ! J'étais contente qu'il m'ait laissée aussi longtemps.

-Tu as eu 30 ans il y a deux jours, tu fais donc ... (interruption "t'es pas obligé de le rappeler", rires) ... partie des anciennes de l'équipe de France, elles vont t'appeler "mamie" (nouvelle interruption "la grande mamie ce n'est pas moi, c'est Christine Gomis, elle a même droit à la couronne !"). Est-ce que cela te donne une certaine influence sur les plus jeunes ? Es-tu écoutée ?
J.B. : Je ne sais pas si c'est à cause de l'âge, certainement, car moi j'ai du mal à me mettre un peu dans le rôle de la vieille mais les jeunes ont beaucoup de respect quand même. Je prends des filles comme Sandra (Le Dréan), Edwige (Lawson) ou même Audrey (Sauret), jamais elles n'ont manqué de respect, jamais je n'ai eu de problèmes. Moi, je les respecte autant elles, qui sont plus jeunes. Je ne pense pas que cela soit une question d'âge, tu dois respecter les gens avec qui tu travailles.

-Tu les conseilles ?
J. B. : Je suis quelqu'un qui encourage tout le temps, je fais en sorte que les gens ne baissent pas les bras. Quand tu as 20 ans comme Edwige ce n'est pas toujours facile, et j'essaye de l'encourager le plus possible. Même Nicole (Antibe), on est ensemble en chambre, je la connais bien, dès que cela ne va pas, j'essaye de la soutenir. J'encourage toujours tout le monde mais il y a des gens que tu sens plus proche avec qui t'as plus envie de parler ... mais il y a des jeunes qui poussent aussi, je prends Cathy (Melain), elle est toujours là pour aider et soutenir et pourtant elle est plus jeune !


-Si je dis que, sauf blessures, vous avez un super groupe pour faire une performance (une médaille) aux JO, es-tu d'accord ?
J. B. : C'est vrai que s'il n'y a pas de blessure et si on garde un groupe assez soudé, une médaille est tout à fait possible mais il ne faut pas faire d'erreur, il faut bien gérer la chose car toutes les équipes qui vont être là vont vouloir une médaille. Ca va se battre à fond et tous les matches vont être difficiles, mais c'est possible ... ça tient à un fil. La motivation sera là.

-Pour les JO, est-ce que cela sera le basket rien que le basket ou découvrir aussi d'autres sports, rencontrer d'autres athlètes ?
J. B. : Je pense que l'on n'aura pas le temps de découvrir quoi que ce soit. Quand on se trouve dans une compétition comme celle-là, on est un peu isolé, fixé sur les objectifs du groupe ... sauf si tu es éliminé rapidement. Je ne pense pas que l'on ait le temps d'aller flâner après et qu'Alain (Jardel) nous laisse partir à droite à gauche. Peut-être pour aller voir du basket masculin, à la rigueur, parce que c'est dans notre truc et encore ce n'est même pas sûr. Quand tu participes à un truc comme ça, tu dois te fixer sur tes objectifs.

-Vous allez sûrement être hébergées au village olympique ...
J.B. : Oui, parce qu'il n'y a pas d'autres possibilités. Alain aurait préféré que l'on soit un peu isolées.

-... est-ce qu'il y aurait un ou une athlète que tu aimerais rencontrer à ce moment-là ?
J.B. : (longue réflexion) ... il y en a sûrement beaucoup ... je ne sais pas. C'est peut-être des équipes que j'aimerais voir jouer, les USA en filles comme en garçons. Il n'y en a pas qui me viennent à l'esprit, c'est un tout. Tu te dis que ceux qui sont aux JO sont des personnages ... mais si Michael Jordan était encore là, je t'aurais dit lui sans hésiter !

-L'été dernier, tu as assisté à quelques matches de WNBA, ton opinion sur ce basket ?
J. B. : Il ne faut pas s'inspirer de leur jeu car il m'a beaucoup déçue mais s'inspirer de leur organisation, c'est des shows sans arrêt, un temps mort, une mi-temps, il se passe quelque chose. Et si en France on pouvait s'inspirer de tout ça on ferait de grandes choses car on a, ici, un bon niveau de jeu.

-Pour finir ta carrière, est-ce que l'étranger te tente ?
J.B. : Non à part si vraiment je devais ramasser beaucoup d'argent, car je pense que le basket le plus intéressant c'est ici, on a une bonne ligue, un bon niveau de jeu, on gagne bien notre vie, on est couverte socialement, donc je n'ai pas envie d'aller voir ailleurs.

-Tu comptes jouer jusqu'à quand ?
J.B. : Je n'en sais rien.

-Après ta carrière, qu'est-ce que tu vas faire ?
J.B. : Très bonne question ... des enfants ça c'est sûr, au moins commencer par un, ça reste un de mes objectifs premiers quand je vais stopper le basket. Après je ne sais pas ... peut être que mon chéri voudra que je reste à domicile à m'occuper des enfants ... et de lui. Non, je ne sais pas encore.

-Est-ce qu'il y a une question que tu n'aurais pas aimée que je te pose ?
J.B. : Je n'aurais pas aimé que tu me poses des questions sur le fait que je vives avec mon coach actuel, comment ça se passe, etc. Ca ne regarde que nous, ça m'aurait un peu embarrassée que tu me demandes cela ... comme certains l'ont déjà fait ...

-Est-ce qu'il y a une question que tu aurais aimée que je te pose ?
J.B. : Tu aurais pu me demander qu'est-ce qu'apporte le basket dans ta vie ?

-Réponds !
J.B. : Mis à part que c'est mon gagne-pain, c'est toute ma vie, j'ai du mal à imaginer comment ça va être l'après, j'ai du mal à imaginer sans. J'ai un peu peur de la suite parce que passer une journée sans aller m'entraîner, sans aller dans la salle, je n'arrive pas à savoir comment ça va être. C'est ma vie ! J'aimerais pouvoir faire un enfant et reprendre après, ça serait mon souhait. Je sais qu'il faudra que j'arrête car j'ai envie d'avoir un enfant mais ça ne veut pas dire que je veux arrêter complètement.