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12 méthodes sont définies dans la norme ISO/TR 16982 (en 2002).
La norme ISO/TR 16982 décrit les 12 méthodes suivantes :
Je détaille ici quelques méthodes que j'ai l'habitude d'utiliser. Pour les définitions précises de ces 12 méthodes se reporter à la norme ISO/TR 16982. 1. Observations des tâches des utilisateurs L'observation est un outil de recueil des données. Ces données seront utilisées pour décrire et expliquer comment les opérateurs procèdent pour réaliser un ensemble plus ou moins complexe de tâches. L'observation permet de mettre en évidence, selon les différentes séquences de travail, l'intention sous-jacente à l'action. L'analyse fine doit donner une base de compréhension suffisante de l'activité déployée. Les observations en temps réel permettent de recueillir:
Toutes ces catégories peuvent être prises en compte lors de l'observation, mais leur intérêt est d'inégale importance suivant la nature du travail et les objectifs de l'étude. Il faut rappeler qu'il n'est possible d'observer que ce qui est observable. Il est donc impossible d'observer directement :
On ne doit donc pas confondre observer le travail d'un opérateur et "se mettre à sa place", imaginer les raisons des actes de cet opérateur. Exemples :
L'observateur doit donc faire preuve de rigueur pour réaliser une description fiable de la situation observée. Les observations directes de l'activité au poste de travail peuvent s'assortir de verbalisations, selon un protocole précis, de façon à perturber le moins possible l'opérateur en activité. Parallèlement, un film vidéo peut être effectué. L'enregistrement vidéo permet une analyse fine des comportements verbaux et non-verbaux, notamment si l'on veut ensuite confronter les données avec l'opérateur. L'observation nécessite la construction d'un protocole à partir d'un catalogue des variables observables:
On établira également des plans d'observation en tenant compte des paramètres suivants
On déterminera donc en fonction de tous ces paramètres:
2. Entretiens ou interviews des utilisateurs L'entretien avec les opérateurs permet de connaître leur propre conception de la tâche. On peut se situer dans l'un des cas suivants :
En ergonomie, on utilise en général , l'entretien ouvert individuel, centré sur les activités de travail :
L'ergonome reformule sans les interpréter les éléments qui permettent de décrire la représentation qu'à l'opérateur de sa tâche. Il est cependant utile de garder en mémoire un guide d'entretien. Il n'est pas nécessaire d'être directif dans les questions posées: ce sont les "points" essentiels qu'il faudra aborder au cours des conversations familières avec les opérateurs. Les questions sont posées en vue de décrire précisément les tâches effectuées par l'opérateur. Il peut être intéressant d'avoir des entretiens avec d'autres opérateurs ou avec les supérieurs hiérarchiques qui donneront une description différente ou plus théorique des tâches. Plusieurs méthodes peuvent être utilisées au cours de l'entretien :
La technique d'entretien peut être affinée par la suite :
Il faut noter certaines difficultés relatives à la technique d'entretien:
3. Analyse des documents de travail Il existe toujours des travaux, des études, ayant le plus souvent donné lieu à des rapports écrits, sur les situations de travail à analyser. Ces travaux doivent être recensés et analysés du point de vue de la méthodologie que l'on suit pour le recueil des données Où rechercher ?
Les verbalisations reposent sur la confrontation des données recueillies sur l'activité On distingue plusieurs catégories de verbalisations:
L'auto-confrontation est bien une situation qui permet la production d'une verbalisation d'un opérateur lorsqu'il est confronté aux données recueillies sur son activité et qu'il répond aux questions portant directement sur ces données. L'auto-confrontation de l'activité à partir d'un enregistrement vidéo permet une analyse fine de l'activité du fait des possibilités de retour en arrière et des arrêts sur image. Utilisée conjointement avec la technique d'entretien, elle la complète par des données plus objectives. Pour utiliser cette technique, l'observateur doit respecter certaines règles:
L'utilisation de l'auto-confrontation permet de:
L'analyse des traces, c'est l'étude des résultats du travail et peut s'apparenter On peut étudier:
L'analyse reste cependant insuffisante pour inférer les traitements de l'information effectués par les opérateurs . Mais elle est une précieuse source de renseignements concernant les écarts entre les objectifs théoriques assignés et les objectifs atteints. Ainsi on pourra relever le nombre et la nature des problèmes traités et s'orienter plus spécifiquement sur l'étude des dysfonctionnements ou l'analyse d'un mode opératoire particulier. L'étude des traces supposent la réalisation des étapes suivantes:
7. Analyse des mouvements oculaires L'utilisation d'études des mouvements oculaires en ergonomie est ancienne (Chapanis et al, 1949). On distingue :
L'appareil le plus utilisée est le Nac Eye Marker, appareil japonais, raccordé à une caméra ou un magnétoscope, qui se fixe sur la tête, et permet de garder la mobilité des mouvements de la tête. Grâce à un système optique, on enregistre simultanément :
La méthode des incidents critiques de Flanagan (1954) —article téléchargeable au format pdf—permet de recueillir, à partir d' entretiens individuels, les incidents que les opérateurs ont jugés critiques pour leur travail à un moment donné. La consigne permet de faire varier la catégorie d'incidents de telle sorte que l'opérateur peut rapporter
Cette méthode est particulièrement adaptée au repérage des dysfonctionnements. L'utilisation des scénarii de situations critiques permet d'évaluer
c'est-à-dire d'inventorier et de décrire : - les principaux déterminants de l'activité d'un ou de plusieurs opérateurs et donc les conditions de la fiabilité humaine - les effets (conséquences)de ces déterminants sur le système socio-technique considéré - les régulations (réponses) des opérateurs à ces effets (charge de ces dysfonctionnements) - les résultats de la production en termes de:
9. Analyse de la charge de travail Les techniques d'évaluation de la charge de travail peuvent être classées selon 4 catégories (Spérandio 1980) : Les indicateurs physiologiques Plusieurs indicateurs physiologiques sont capables de fournir des renseignements indirects du travail mental en particulier ceux qui permettent d'étudier l'activité oculaire: mouvements des yeux, direction des regards, clignements palpébraux, distance oeil-tâche. Le problème des indicateurs physiologiques en général, c'est qu'il nous renseigne médiocrement sur la difficulté réelle de la tâche pour l'opérateur. Les indices de sentiment de charge A partir de techniques psychométriques d'évaluation, on interroge les opérateurs non pas sur leur sentiment global de charge, mais sur des critères précis: tâche, poste de travail, facteur particulier comparé à tel autre, sous telle condition. On peut également faire classer les facteurs d'exigence par les opérateurs eux-mêmes si l'on dispose d'une population assez nombreuse, de façon à dégager les facteurs les plus apparents. La technique de la tâche ajoutée La technique consiste à saturer la capacité de travail de l'opérateur par une deuxième tâche ajoutée à la principale et d'évaluer la détérioration de la performance qui en résulte. Le principe de cette technique repose sur la notion de capacité résiduelle non utilisée par une tâche lorsque celle-ci induit une charge inférieure à la capacité limite de l'opérateur. La tâche additionnelle sert donc à mesurer la capacité résiduelle qui n'est pas utilisée par la tâche principale lorsqu'elle est effectuée seule. L'analyse des variations des comportements opératoires L'évaluation de la charge repose sur les caractéristiques de régulation. Lorsque la charge dépasse le niveau admis par l'opérateur, celui-ci va transformer les caractéristiques du travail: soit par un changement de méthode dans la réalisation de sa tâche, soit par une modification des exigences du travail. Le repérage de ces changements constituera un indicateur de l'accroissement des exigences pour l'opérateur. On peut interpréter les changements de modes opératoires comme reflétant un processus de régulation qui répond à la nécessité de maintenir la charge globale à un niveau inférieur à la capacité limite, pour qu'il n'y ait pas de dégradation de la performance. Sur le terrain, la difficulté essentielle est de bien discriminer : - entre les changements attribuables aux effets régulatoires - et ceux qui constituent directement une réponse adaptée aux nouvelles conditions de la situation de travail. 10. Apprentissage du métier Cette technique peut être utilisée pour l'approche de tâches simples . Elle comporte des avantages et des inconvénients :
11. Expérimentation L'expérimentation sur le terrain des variables choisies dans le but d'éprouver une hypothèse doit pouvoir se développer de plus en plus si l'on veut aboutir a une méthodologie rigoureuse de conception ergonomique des systèmes informatiques. Il faut souligner que le "bon sens" ne suffit pas. Il est nécessaire de manipuler les variables. Seule l'expérimentation permet de répondre aux questions que le praticien se pose. Dans la méthode expérimentale, c'est l'expérimentateur qui modifie à son gré la condition dont l'hypothèse permet d'attendre qu'elle joue le rôle de cause (variable indépendante). Il observe les effets de cette modification sur la conduite étudiée (variable dépendante). Par exemple, en fonction de la qualification des sujets et le type de dossier étudié (variables indépendantes), comment va varier la demande d'information (variable dépendante). Il faut souligner que:
Pour que les résultats soient corrects, il faut que l'expérience soit construite selon un plan expérimental rigoureux. Information à la demande On peut également faire une expérimentation à partir de l'observation d'une situation-problème fabriquée à dessein par l'analyste: On demande au sujet de penser "tout haut". Cette verbalisation provoquée permet de tester simplement certaines situations-problèmes que l'on a choisit et de déterminer les informations minimales et maximales. On place le sujet devant une situation-problème dépourvue d'information, et celui-ci doit demander les informations dont il a besoin pour réaliser sa tâche. Cette technique "d'information à la demande" permet de recueillir toutes les informations jugées pertinentes par l'opérateur pour traiter un dossier par exemple. Elle a l'intérêt de placer les sujets dans une situation d'interrogation, relativement proche d'une situation de travail sur écran par exemple. 12. Simulation Enfin on situera les expériences de simulation, très efficaces, puisque les variables ne sont pas aussi nombreuses que dans la réalité. La simulation est un modèle auquel on fait subir des modifications. On expérimente peut-être plus facilement si l'on travaille sur un simulateur mais on déplace aussi le problème puisque va se poser la question de l'adéquation du simulateur à la situation réelle, débat éternel de l'expérimentation sur le terrain et en laboratoire. La situation de simulation repose sur des données recueillies en situation réelle et fait intervenir des opérateurs professionnels. Elle anticipe la situation future. Autrefois très coûteuses, les simulations peuvent se réaliser de plus en plus grâce au maquettage et prototypage des systèmes informatiques. Validation La validation constitue la phase finale de l'expérimentation ergonomique. Il faut vérifier si le poste de travail transformé selon les résultats de l'expérience, permet les performances attendues. Il est nécessaire de définir dès que possible un ou plusieurs critères de validation, c'est-à-dire de choisir parmi les variables "sorties" du système, celles qui permettront d'évaluer les effets d'une intervention ergonomique. Le choix des critères est un problème d'optimisation entre:
Les variables dépendantes recueillies au stade de l'expérimentation peuvent constituer les critères. Pour en savoir plus http://www.idemployee.id.tue.nl/g.w.m.rauterberg/lecturenotes/UsabilityMethodsToolboxHandbook.pdfBibliographie suggérée par l'auteur |
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| © nicole.lompre@univ-pau.fr Dernière mise à jour le 10-Nov-2010 | |||||||||||||||||||||||||