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Livre blanc sur la recherche en études anglophones |
Rapport sur le secteur n°4 : XVIIIe siècleFrédéric Ogée, Université de Paris 7 |
Implantation et structuration des équipes de recherche du secteur
Préambule (index)
La recherche angliciste française portant sur le dix-huitième siècle a depuis toujours brillé et rayonné grâce à des travaux individuels de grande qualité. Sans remonter loin dans le temps ni pouvoir les citer tous, on évoquera ici en forme d'hommage les noms de Henri Fluchère (sur Sterne), de Jean-Jacques Mayoux (sur Sterne également, mais aussi sur bien d'autres, et notamment toute l'ouverture sur la peinture anglaise), de Paul-Gabriel Boucé (sur Smollett), de Maurice Lévy (sur le roman gothique), et de André Parreaux puis Michel Baridon, qui ont conjointement élargi de façon décisive les recherches dix-huitiémistes vers l'histoire, l'histoire des idées et des sciences, le jardin paysager, les rapports image/langage, etc., ouvrant ainsi de nouvelles et riches perspectives à ce champ d'étude. Devançant la mise en place des actuelles "équipes d'accueil", André Parreaux avait d'ailleurs créé à Paris 7 en 1969 un séminaire sur "la culture britannique pré-industrielle", avec constitution d'un fonds de bibliothèque important, permettant un travail d'approfondissement collectif très précieux pour des chercheurs souvent isolés. Plus tard, Suzy Halimi et Paul-Gabriel Boucé à Paris 3 ont créé la première (et à ce jour unique) "équipe d'accueil" de dix-huitiémistes anglicistes. L'évolution de l'Université, de ses publics, de ses missions, de même que le brassage disciplinaire qui désormais caractérise la recherche dans les études dix-huitémistes, encouragent les regroupements de compétences et de moyens pour soutenir un domaine auquel il n'est pas toujours accordé l'importance qu'il mérite. La présentation ci-dessous montre que beaucoup reste à faire, et que l'énergie volontariste de certains pour dynamiser et développer la recherche sur le dix-huitième siècle afin de la rendre plus lisible, plus pertinente et mieux intégrée devrait trouver un soutien fort dans toute la communauté angliciste.
Implantation et structuration des équipes de recherche du secteur (index)
Le présent rapport se fonde sur l'examen de 17 dossiers
d'équipe. Pour le 18e siècle, plusieurs universités
n'ont pas envoyé de réponses: Clermont-Ferrand,
Le Mans, Lille, Nantes, Paris 3, Paris 4 (1 dossier remis, mais
pas sur le 18ème), Paris 8, Paris 10, Paris 12, Paris 13,
Poitiers, Reims et Rouen, même si la plupart d'entre elles
comptent pourtant des spécialistes du domaine. La présentation
ci-dessous ne propose donc qu'un reflet imparfait de ce qui se
fait effectivement (on sait par exemple que Guyonne Leduc à
Lille ou Claire Boulard à Reims soutiennent activement
la cause dix-huitiémiste). De surcroît, la phase
actuelle de négociations de contrats quadriennaux entre
les universités et le Ministère est susceptible
d'entraîner des modifications qu'il est évidemment
impossible d'anticiper, même si des tendances se dégagent
ici ou là. Enfin, devant l'imprécision de certaines
réponses, ne seront donnés que les éléments
techniques (budget, nombre de chercheurs, bibliothèques,
etc.) qui sont apparus les plus pertinents.
>Les 17 dossiers tels qu'ils ont été soumis au présent
rapporteur (souvent dans une version très succincte) peuvent être classés en
trois grandes catégories :
Équipes d'accueil ou groupes pluridisciplinaires, souvent
uniques (1 pour tout un Département), ne laissant apparaître
aucune recherche spécifique sur le dix-huitième
siècle Par ordre alphabétique :
- Amiens : Poésies et Poétiques de l'Anglais dans
le Contexte International (PPACI), EA ??
- Caen : Équipe de Recherche en Littérature et Civilisation
des Pays de Langue Anglaise,
EA ??
- Grenoble : Centre de Recherche d'Études Anglophones (CREA),
sous-groupe de l'Institut
des Langues et Cultures Européennes (ILCE), EA ??
- Marne-la-Vallée : "Passeurs culturels et mécanismes
de métissage", demande de
reconnaissance en tant que Jeune Équipe.
- Nice : Centre de recherche sur les écritures de langue
anglaise (CRELA), EA 1192
- Strasbourg : Recherches sur le monde anglophone, EA 2325
- Tours :
Groupe de Recherches Anglo-Américaines de Tours (GRAAT), EA 2113
Équipes d'accueil pluridisciplinaires, souvent uniques
(1 pour tout un Département), qui, soit par leur organisation
interne en sous-groupes, soit par leur(s) thématique(s),
semblent occasionnellement accueillir une contribution de(s) dix-huitiémistes
Par ordre alphabétique :
- Bordeaux 3 : Groupe d'Études et de Recherche Britanniques
(GERB), membre de Langues et
Civilisations Étrangères, EA 537
Directrice 96-99 : Marie-Claire Rouyer. Depuis septembre 2000,
dirigé par Ronald P.
Shustermann. Budget propre au GERB: 50KF/an (96-99)
Depuis toujours, lors de son colloque annuel, cette équipe
accueille et publie régulièrement (Cahiers du GERB)
les activités de chercheurs dix-huitiémistes autour
de thématiques interdisciplinaires (e.g. "Réel
et représentation dans la littérature et les arts
britanniques"), et devrait pouvoir maintenir cette tradition
avec son thème actuel (1999-2002 : L'infini). Pas de précision
sur la périodicité des réunions de ce groupe.
Forte d'une longue tradition en la matière, cette UFR compte
plusieurs dix-huitiémistes actifs.
- Dijon : Image, Texte, Langage, EA 1861
Responsable : Jean-Pierre Durix Budget : 110KF en 1999
Deux sous-groupes ("Epistémologie, arts et médias"/"Image
de soi, image de l'autre") pouvant accueillir la recherche
dix-huitiémiste, dans la forte lignée des travaux
de Michel Baridon, qui continue à diriger la revue INTERFACES
(reconnue par le CNRS) qu'il a créée en 1991. Depuis
le départ de ce dernier, néanmoins, il semble que
les activités de cette EA fasse une part moins importante
au 18e siècle (absence de directeur de recherche dans le
domaine).
- Nancy-Metz : Centre d'Études Anglophones, EA ??
Responsables : Mmes et MM. Chardin, Kaenel, Mahoux, Morel, Sérandour
et
Stévanovitch Budget 96-99 : 102KF/an Fonds documentaire
Six sous-groupes composent cette équipe d'accueil, dont
certains semblent susceptibles d'accueillir les activités
de chercheurs dix-huitiémistes, mais l'absence de précisions
sur leurs activités respectives ne permet pas d'en mesurer
l'importance. A noter néanmoins le colloque prévu
en 2001 sur le thème : "La Traduction Romanesque au
XVIIIe siècle", organisé conjointement par
le CET (Centre d'Études de la Traduction, Metz) et le CERACI
(Centre d'Études sur l'Intertextualité, Arras) à
l'UFR Lettres et Langues Metz (Annie Cointre).
- Paris 4 : Texte et Critique du Texte, EA ??
>
Responsables : Pierre Iselin et Elisabeth Angel-Perez Budget
??
Fonds documentaire
Groupe se réunissant une fois par mois. Thèmes biennaux
: Le portrait (97-99), La voix (99-01)
Travaux publiés dans la collection "Sillages Critiques"
(Presses de la Sorbonne)
Bien que le programme des interventions ne soit pas joint au dossier,
ce groupe travaille sur des thématiques qui ont permis
ou permettent l'accueil de travaux portant sur le dix-huitième
siècle. Paris 4 compte également plusieurs chercheurs
travaillant et dirigeant des recherches (entre autres) sur le
dix-huitième siècle, comme Marie-Madeleine Martinet,
Liliane Gallet-Blanchard ou Jacques Carré (mais pas de
dossiers fournis).
- Saint-Etienne : Systèmes d'Écriture du Monde Anglophone
(SEMA), sous-groupe du Centre
d'Études sur les Littératures Étrangères
et Comparées (CELEC), EA 3069
Directeur du SEMA : Frédéric Regard
Budget du CELEC : 92KF/an Fonds documentaire
Colloques et publications (Publications de l'Université
de Saint-Étienne) accueillant régulièrement
des travaux de dix-huitiémistes [1999 : La Biographie littéraire
en Angleterre (XVIIe-XXe siècles) / 2000 : L'Autobiographie
littéraire en Angleterre (XVIIe-XXe siècles)].
Équipes d'Accueil, Jeunes Équipes, ou sous-groupes
de recherche affichant un programme de recherche portant spécifiquement
sur le 18e siècle
- Aix-Marseille 1 : Institut de Recherche du Monde Anglophone
(IRMA), EA ??
Directeur : Max Duperray Budget : environ 100KF/an
Outre le travail récent de Max Duperray sur le fantastique,
qui a permis de revisiter notamment les concepts de "sublime"
et de "grotesque" sur lesquels des dix-huitiémistes
sont intervenus de façon importante, cette EA contribue
actuellement, sous l'impulsion de Jean Viviès, à
l'émergence d'un sous-groupe spécifiquement consacré
au 18e siècle. Thème actuel : la problématique
du proche et du lointain en Angleterre au XVIIIe siècle.
Il s'agit notamment d'examiner les modalités selon lesquelles
la littérature anglaise envisage et représente l'altérité
et dessine la figure de l'étranger aux sens multiples de
cette notion (géographique et anthropologique mais aussi
religieux et philosophique). La problématique de la représentation
est celle de l'autre, de ce qui est étranger à une
culture, ou de ce qui est perçu comme extérieur.
Cet autre est tantôt perçu comme proche, tantôt
comme radicalement différent, d'où le titre choisi
pour le colloque organisé en janvier 1999, avec le soutien
du Conseil Scientifique de l'Université, Le Proche et le
Lointain. L'autre et son image en Angleterre au XVIIIe siècle,
dont les Actes ont été publiés sous ce titre
en 1999 (L'Harmattan). Un second colloque est prévu en
janvier 2001.
Publications récentes liées au sujet : un ouvrage
a notamment été publié (avril 1999) avec
le concours de l'IRMA: Jean Viviès, Le Récit de
voyage en Angleterre au XVIIIe siècle : de l'inventaire
à l'invention, préface d'Alain Bony, Toulouse: Presses
Universitaires du Mirail, 1999.
L'arrivée depuis octobre 2000 d'un second professeur (Pierre
Lurbe) susceptible de diriger des recherches complémentaires
sur le 18e siècle (philosophie, histoire des idées)
devrait permettre le développement d'un pôle dix-huitiémiste
dynamique dans cette université.
- Grenoble 3 : Centre de Recherches en Études Écossaises,
EA ??
>
Directeurs : Pierre Morère (18ème) et Keith Dixon
(20e)
Le sous-groupe dirigé par Pierre Morère s'intitule
" Le dix-huitième siècle en Écosse"
:
- recherches philosophiques conduites en Écosse au XVIIIe
siècle pour élaborer de nouvelles théories
du langage à travers les oeuvres de Thomas Reid et de Lord
Monboddo; la diffusion de la pensée du sens commun: Thomas
Reid, James Beattie; débats sur la religion au Siècle
des Lumières. Autres penseurs étudiés: F.
Hutcheson, D. Hume, J. Millar, A. Crombie, H. Home of Kames, notion
de Belles Lettres et théories esthétiques.
- littérature
Poésie: débat entre langue vernaculaire et langue
anglaise (R. Ferguson), le néoclassicisme (Allan Ramsay),
poésie philosophique et préromantique (James Beattie,
James Thomson). Roman: T. Smollett; le roman historique et l'héritage
du XVIIIe siècle chez Walter Scott. Critique littéraire
et avènement du sentimentalisme : Henry Mackenzie. Influence
de la pensée écossaise en France: Victor Cousin.
Organisations de colloques internationaux, nombreux liens avec
des chercheurs étrangers. Publications régulières
dans Études Écossaises (revue avec comité
consultatif international).
- Lyon 2 : Centre d'Études et de Recherches Anglaises et
Nord-Américaines (CERAN)
EA 655 Directeur : Alain Bony Budget : environ 200KF/an Fonds
documentaire
Composé de huit sous-groupes, le CERAN compte en son sein
une équipe dirigée par Alain Bony, travaillant sur
la littérature de fiction et la presse en Angleterre au
18e siècle qui étudie la nouveauté du "nouveau
roman" anglais du 18e siècle dans son contexte culturel,
idéologique et socio-politique. Il prépare une
édition critique commentée des Lettres d'un Français
de l'Abbé Le Blanc (1745), témoignage sur la vie
littéraire et culturelle à Londres dans les années
1730 à 1740, ainsi qu'une édition française
des essais critiques du Spectator. Un colloque sur "La Presse
anglaise aux 17e et 18e siècles et l'essai périodique"
a été organisé en janvier 2000.
- Montpellier 3 : Centre Interdisciplinaire de Recherches sur
les Îles Britanniques et l'Europe
des Lumières (CIRBEL), sous-groupe de l'Équipe d'Accueil
d'Anglais, EA ??
>
Directrice du CIRBEL : Elisabeth Détis Budget : environ
38KF/an
Demande de reconnaissance en tant que Jeune Équipe.
Conçu dans une perspective résolument européenne,
ce jeune groupe, dont les axes de recherche sont encore un peu
épars et peut-être un peu vastes, étudie les
interfaces culturelles entre tous les pays de l'Europe des Lumières,
avec un accent plus particulièrement mis sur celles entre
les Îles Britanniques et le reste de l'Europe.
Programmes:
- la maladie/les loisirs en Europe au dix-huitième siècle
vus par les gravures anglaises, françaises, espagnoles,
italiennes et allemandes (y participent Elisabeth Détis
[Angleterre], Françoise Knopper [Allemagne], Claude Maffre
[Espagne, Portugal], Lucie Comaprini [Italie] et Philip Stewart
[Duke University, sur la France]
- Éducation, formation et citoyenneté dans l'Europe
des Lumières, projet porté par Clotilde Prunier
(équipe pluridisciplinaire en cours de constitution).
Deux colloques internationaux ont déjà eu lieu à
ce jour, avec publication des Actes. Travail régulier au
sein d'un séminaire mensuel (programme non fourni dans
le dossier, mais confirmé par un envoi reçu par
ailleurs par le présent rapporteur).
- Paris 3 (pas de dossier; informations transmises par Suzy Halimi)
>
Centre d'Études anglaises du XVIIIe siècle EA 1486
Responsables: Paul-Gabriel Boucé/Suzy Halimi Budget 30KF
Fonds documentaire
Depuis sa création (1988), ce centre de recherche privilégie
l'approche pluridisciplinaire : littérature, civilisation,
linguistique, stylistique par l'étude des textes, histoire
socio-économique et politique, histoire des mentalités,
théories esthétiques et production artistique sont
tour à tour et toutes ensemble sollicitées autour
des thèmes traités notamment dans les colloques.
Ainsi l'aire culturelle et la période couvertes par le
Centre sont-elles explorées par des chercheurs de disciplines
diverses, aux côtés des anglicistes, eux-mêmes
spécialistes de littérature, langue et stylistique,
civilisation, etc.
Dans sa politique scientifique, le centre privilégie la
coopération. Ainsi, au fil des années, des liens
se sont tissés avec les dix-huitièmistes européens
et internationaux. Certaines de ces relations privilégiées
ont été institutionnalisées par la signature
de conventions , comme celle qui lie Paris III et l'Université
de Glasgow où se trouve le Reid Institute. Cette convention,
signée en 1996, a déjà donné lieu
à l'accueil de doctorants de Glasgow à Paris III.
Encadrement des doctorants et des jeunes docteurs : depuis trois
ans maintenant, des séminaires réguliers (1/mois)
sont organisés pour les doctorants; des spécialistes
du 18e siècle viennent y présenter leurs travaux,
y parler de leur champ de spécialité, apportent
aussi un contexte aux travaux des doctorants, lesquels peuvent
à leur tour, évoquer leur recherche, leurs difficultés,
leurs résultats, etc. Le Centre met par ailleurs à
la disposition des doctorants et chercheurs un important fonds
documentaire constitué de sources primaires et d'ouvrages
d'analyse et de commentaire.
Chaque année, en décembre, important colloque international,
suivi de la publication des Actes:
? Commerce(s) en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle. Ed.
Suzy Halimi, Pub. de la Sorbonne, 1990, 324 p.
? Les Ages de la vie en Grande-Bretagne. Ed. Serge Soupel, PSN,
1995, 233 p.
? La Grande-Bretagne et l'Europe des Lumières. Ed. Serge
Soupel, PSN, 1996, 249 p.
? La Grande-Bretagne au XVIIIe siècle : guerres et paix.
Ed. Paul Gabriel Boucé, 1998, 2 vols.
Préparation d'un GDR sur le thème du ´ voyage ª couvrant la
période de la Renaissance au Romantisme. Ce thème permettra de rapprocher le
centre d'autres équipes de Paris III (Epistémé Resp. : Gisèle Venet, centre
Thomas Hobbes - Resp. : Franck Lessay ; IRIS - François Laroque) mais aussi
externes à Paris III (déjà un DEA commun entre Paris III et l'Université du
Pacifique) et de spécialistes du sujet dans d'autres disciplines : histoire,
anthropologie, religion, histoire de l'art, etc. Un important travail de
bibliographie est en cours, confié à Gérard Pecorari, ingénieur d'études mis à
la disposition du Centre par le CNRS.
- Paris 7 : REPRESENTATIONS (Centre de recherche sur les représentations
artistiques et
littéraires en Grande-Bretagne au 18e siècle), sous-groupe
de l'équipe Littératures et civilisations britanniques
et américaines (LICIBA), EA 1566. A compter du nouveau
contrat 2001-2004, demande de rattachement à une nouvelle
EA, "Secteur Interdisciplinaire des Études de Civilisations
et Littératures d'Expression anglaise (Îles Britanniques,
Europe, Commonwealth)" (SIECLE).
Directeur de REPRESENTATIONS : Frédéric Ogée
Budget : 3KF/an Fonds documentaire
Ce Centre réunit une fois par mois une équipe de
chercheurs qui, depuis sa création en 1997, s'intéresse
à tous les aspects de la problématique et de la
pratique de l'échange en Grande-Bretagne au 18e siècle,
à la fois comme pratique consciente et comme structure.
Recherché et présenté comme indice de modernité
dans les comportements sociaux, les démarches scientifiques,
les théories et les réalisations artistiques, l'échange
est aussi une "forme" d'esprit induite par la prédominance
croissante d'une économie de marché et la diffusion
des idées empiristes. Dans l'optique transdisciplinaire
de ce Centre, définie par son nom, le travail porte avant
tout sur la façon dont cette pratique "moderne"
de l'échange est, consciemment ou inconsciemment, mise
en oeuvre dans les théories et pratiques artistiques au
cours du siècle. Dans tous les cas, l'échange est
étudié comme pratique, comme thème ou comme
forme, et ce sont bien les caractéristiques de sa "modernité"
au dix-huitième siècle que l'on cherche à
mettre en évidence.
Après une première année consacrée
essentiellement à l'échange dans les nouvelles pratiques
scientifiques (Royal Society, Thomas Sprat, Robert Hooke) et économiques
et ses conséquences sur l'évolution de différentes
formes de représentation, en littérature ou dans
les arts visuels par exemple, le Centre s'est intéressé
l'année suivante aux échanges d'idées et
de pratiques esthétiques et artistiques entre la France
et l'Angleterre au cours du siècle, ce qui a permis d'aborder,
entre autres, les différences entre les Querelles Anciens/Modernes
de part et d'autre de la Manche, les influences réciproques
des romancières, les échanges théoriques
en matière d'analyse musicale, les jardins.
Depuis 1999, et fort de ses travaux des deux
premières années, le Centre a décidé de développer la problématique de l'échange
dans une perspective plus européenne, visant à mieux identifier et analyser la
"conversation" des idées et des pratiques artistiques entre la Grande-Bretagne
et le continent européen, à une époque où, selon la thèse connue de Linda
Colley, l'identité britannique s'affirme avant tout par la recherche d'une
différentiation marquée d'avec les autres puissances et peuples européens. De
surcroît, il a semblé que les Anglicistes non-anglophones européens pouvaient
ainsi engager à leur tour une "conversation" autour de cette idée, chacun
pouvant faire part de la pénétration des idées et pratiques esthétiques
britanniques au sein de sa culture nationale, et vice versa, pour que cette
étude contrastive permette à terme de mieux comprendre le concept d'anglicité au
18e siècle, au sein d'une culture des Lumières qui ne se vit pas partout au même
rythme et dans les mêmes termes. Le groupe a tenu un séminaire au cours du
Congrès de la Société Européenne des Anglicistes de l'Enseignement Supérieur
(ESSE) à Helsinki, en août 2000, sur le thème "British aesthetics and the
continent: cross influences in the 18th century". Ce travail se prolongera par
un séminaire sur le même thème au congrès de la Société Nord-Américaine d'Étude
du Dix-Huitième Siècle (ASECS) à la Nouvelle Orléans en avril 2001. L'ensemble
de ses travaux sera ensuite réuni en un volume et publié.
Éléments chiffrés (index)
Les documents souvent fragmentaires fournis au présent
rapporteur ne permettent pas de présenter un état
précis des éléments chiffrés de ce
secteur de recherche (nombre de Directeurs de recherche, de doctorants,
de thèses et HDR récemment soutenues, etc.). Il
y a là d'ailleurs une carence structurelle dommageable
au bon fonctionnement de l'anglistique en général,
car il serait éminemment souhaitable que la SAES, ou à
défaut les diverses sociétés spécialisées
qui la composent, puissent fournir de telles données afin
de suivre les évolutions des différents secteurs.
On y reviendra plus loin. Il semble bien toutefois que le nombre
de thèses soutenues sur le 18e s. soit nettement inférieur
à 20, ce qui est préoccupant.
Pour les mêmes raisons, il n'est pas non plus possible de
fournir un vrai bilan chiffré des publications (ouvrages
ou articles).
Faiblesses et
points forts, perspectives, liens et coopérations
Il ne fait aucun doute que la recherche angliciste française
sur le 18e siècle connaît des heures difficiles.
Plusieurs causes peuvent en être identifiées :
pour toutes sortes de raisons, cette recherche a trop longtemps
reposé sur des personnalités fortes mais isolées
dont la disparition prématurée ou la cessation d'activité
a souvent laissé un vide que les institutions dont elles
dépendaient n'ont pu ou voulu combler. S'il est clair que
le remplacement d'un collègue "à l'identique"
n'est ni possible ni souhaitable, la disparition complète
de son champ de recherche a des conséquences graves, non
seulement pour le secteur concerné mais pour la cohérence
d'ensemble d'une UFR d'études anglophones.
contrairement à d'autres domaines de recherche (e. g. "Études
élisabéthaines", "fiction britannique
contemporaine"), le 18e siècle, que les universitaires
américains appellent plus sagement "the long eighteenth
century" (1688-1815, voire 1660-1832), souffre institutionnellement
de l'ampleur des champs qu'il lui faut couvrir, cause d'une certaine
dilution de son image tant pour les étudiants que pour
les chercheurs eux-mêmes. De surcroît, la subdivision
propre aux études anglicistes françaises entre "littérature"
et "civilisation", si elle a (le plus souvent) sa pertinence
scientifique et méthodologique et ses raisons d'être
historiques, a contribué à une parcellisation/spécialisation
parfois excessive de certaines recherches, peu susceptibles dès
lors d'attirer de nouveaux chercheurs ou de fédérer
des activités, et s'est révélée en
décalage problématique avec la recherche internationale
en la matière. A un moment où une saine (elle ne
l'est pas toujours) pluridisciplinarité voit l'histoire,
l'histoire de l'art, l'histoire des idées (philosophiques,
économiques, religieuses, scientifiques, etc.) s'épauler
mutuellement pour porter un regard nouveau et croisé sur
toutes les formes d'expression de cette époque, y compris
la littérature, époque où précisément
la notion et le statut mêmes du "fait littéraire"
et de sa place dans la cité étaient en complète
redéfinition, la compartimentation institutionnelle française
a eu incontestablement des effets pernicieux.
la multiplication exponentielle des domaines de recherche en études
anglophones, outre les engouements compréhensibles pour
une multitude de nouveaux "territoires", a dû
se faire à effectifs et moyens constants, entraînant
de facto une redistribution de ceux-ci et donc inévitablement
une diminution de la place et de l'importance accordées,
entre autres, aux études dix-huitiémistes. Le problème
est complexe, car sans coupables ni réelles solutions.
Il est parfaitement légitime de s'interroger constamment
sur l'image des cultures anglophones que nos UFR ont le devoir
de donner aujourd'hui aux étudiants, et l'on peut discuter
à l'infini sur la pertinence qu'il y a à parler
davantage de Paul Auster que de Jonathan Swift. Les dix-huitiémistes
n'ont aucun supplément de légitimité, et
de toute façon aucun moyen, pour défendre une quelconque
prérogative en la matière. Mais outre qu'ils ne
semblent pas le faire, ceux (d'autres) qui fréquemment
posent le débat en ces termes pour déclencher quelque
"guerre picrocholine" et justifier le remplacement de
l'étude du dix-huitième siècle par l'étude
de quelque domaine prétendument plus "porteur"
éludent la question pourtant cruciale de la dimension diachronique
indispensable à l'étude de toute culture. Il y a
dans les dix-huitièmes siècles britannique et américain
des clés indispensables à la compréhension
de tous les mondes anglophones d'aujourd'hui et aucun chercheur
sérieux ne peut nier ce fait. A mesure que notre perception
de ces mondes anglophones évolue, les dix-huitiémistes
(comme d'autres) ont à adapter leur approche du domaine
qui les passionne et à rechercher la façon dont
celui-ci peut aujourd'hui contribuer à notre meilleure
compréhension. Qu'on le regrette ou non, il ne s'agit pas
du tout d'enseigner coûte que coûte, year on year
off, le distique rimé de Pope ou l'Elegy Written in a Country
Churchyard de Gray mais de choisir régulièrement
un ensemble de documents pertinents (où Pope comme Gray
trouveraient assurément leur place) qui s'insère
de façon pertinente et éclairante dans une continuité
historique et intellectuelle. Des études dix-huitiémistes
récentes, parfois trop sous l'emprise de modes critiques
mais toujours très stimulantes, par exemple sur les liens
entre la pratique du crédit et l'émergence de la
fiction "moderne", sur l'invention du mythe de la Grande-Bretagne,
sur la construction du discours colonial, sur les spécificités
du discours féminin, sur la naissance problématique
des notions de famille et d'enfance, sur l'importance de l'épistémologie
empiriste ou de l'imaginaire scientifique, dont les traces se
retrouvent dans toutes les formes d'art et de discours, ont démontré
la nécessité de prendre en compte cette réalité
historique pour comprendre notre propre modernité. S'ils
voulaient s'ouvrir davantage à cette approche pluridisciplinaire,
pour travailler de façon non cloisonnée au sein
de projets diachroniques sélectifs mais non réducteurs,
les dix-huitiémistes d'aujourd'hui devraient être
recherchés et encouragés par toutes les UFR anglicistes
soucieuses d'offrir un véritable regard sur les cultures
qu'elles étudient plutôt qu'une juxtaposition inévitablement
malhabile et illisible pour les étudiants de points de
vue partiels.
Une telle évolution aurait pour effet d'alléger quelque peu le
poids dangereusement excessif du choix des oeuvres et des questions aux programmes
des concours de recrutement dans l'existence même d'un secteur comme le
nôtre. Si le maintien d'une pièce de Shakespeare ou d'une oeuvre/question
"18e siècle" semble actuellement indispensable au déclenchement
de vocations de chercheurs, et l'on peut ici remercier tous les présidents
de jury de l'agrégation externe d'avoir été conscients
de cette nécessité, cette situation n'est pas très saine,
notamment dans un contexte de recherche internationale. De surcroît, l'évolution
récente de l'anglistique pour prendre davantage en compte, de façon
parfaitement justifiée, la linguistique ou la langue orale par exemple,
a entraîné la diminution du nombre de ces "perfusions",
et la quasi disparition, définitive ou périodique, de certains
grands domaines comme le pré-élisabéthain ou le 17e siècle
(de la mort de Shakespeare au théâtre de la Restauration). Si les
"nouveaux" dix-huitiémistes, peu nombreux mais dotés
d'une véritable formation pluridisciplinaire, se voient régulièrement
offrir des postes d'enseignants-chercheurs leur permettant d'assurer des enseignements
et de diriger des recherches dans leur champ d'activité (au sens large)
à divers niveaux indépendamment des concours, au sein de cursus
véritablement intégrés (car, comme l'écrit Hogarth,
"variety uncomposed, and without design, is confusion and deformity"),
l'oeuvre/la question au programme des concours pourra jouer un plus sain rôle
de catalyseur, quand aujourd'hui une grande majorité d'agrégatifs
découvrent le 18e siècle l'année où ils préparent
le concours.
la recherche dix-huitiémiste actuelle souffre avant tout
de la situation décrite ci-dessus. Faute d'avoir vu la
pertinence de leurs travaux reconnue lors des importants bouleversements
des trois dernières décennies, faute, assurément,
d'avoir su démontrer et affirmer cette pertinence, en raison
notamment de la navrante inertie de leur société
savante, les dix-huitiémistes sont pour l'essentiel isolés
et solitaires, parfois "reconvertis", et c'est en conséquence
[voir le descriptif supra] une place bien peu importante qui leur
a souvent été faite au sein des "équipes
d'accueil" récemment mises en place et destinées
à fédérer les moyens et rendre les structures
et les domaines de recherche plus lisibles. Pour autant, cette
situation a l'avantage d'être évolutive, les contrats
liant les EA au Ministère étant d'une durée
limitée, et après les premiers tâtonnements,
après les regroupements imposés (comme on peut le
voir également avec la mise en place des Écoles
Doctorales également destinées "en théorie"
à fédérer et organiser les EA autour de projets
scientifiques pluridisciplinaires cohérents), rien n'empêche
de penser que, sous l'impulsion de la SAES et de la Société
d'Études Anglo-Américaines des 17e et 18e siècles,
l'importance nouvellement reconnue des dix-huitiémistes,
leur contribution indispensable à un projet global, devraient
leur permettre d'affirmer davantage leur présence. Bien
entendu, il est impensable d'envisager l'existence de groupes
de recherche dix-huitiémistes au sein de toutes les UFR
: ni les moyens ("constants" comme nous le rappellent
régulièrement et sans rire nos autorités
de tutelle) ni les effectifs ne le justifieraient. Par contre,
il semble raisonnable d'envisager une structuration ramifiée
et évolutive de la recherche dans un domaine comme celui-ci,
dont le but serait de fédérer les forces et les
moyens et d'irriguer constamment l'ensemble des UFR. Il s'agirait,
par exemple, d'assurer nationalement, sous l'égide de la
SAES et de la SEAA17-18 l'existence permanente d'un certain nombre
(5?) de groupes de recherche aux objectifs et thématiques
distincts mais complémentaires (ce n'est d'ailleurs pas
une absolue nécessité), reconnus comme EA par le
Ministère, auxquels appartiendrait l'ensemble de la communauté
des chercheurs anglicistes du domaine (et d'autres bien entendu),
organisant chacun régulièrement séances de
travail, colloques (pas tous les ans), publications, échanges,
diffusion d'information, encadrement des doctorants, etc. Ces
groupes, dont l'implantation universitaire d'accueil varierait
au gré des évolutions de carrière et des
personnalités (ce qui atténuerait la question des
remplacements de collègues), disposeraient d'un budget
propre et de structures leur permettant d'assurer toutes ces missions.
Les membres rattachés et leurs éventuels doctorants,
ne pouvant bénéficier d'une équipe d'accueil
dans leur spécialité au niveau local, devraient
pouvoir disposer d'un budget leur permettant de participer régulièrement
et de façon active aux activités de leur groupe
de rattachement, dont ils seraient membres de plein droit (pouvant
ainsi émarger à son budget pour des missions par
exemple). Ces groupes, travaillant en liaison régulière
les uns avec les autres, proposeraient un vrai travail de recherche
suivi, et non simplement la tenue d'un colloque annuel plus ou
moins pertinent scientifiquement, et se réuniraient autour
de projets précis, inscrits dans des durées précises
(celle des contrats par exemple, mais pas nécessairement),
permettant à tous leurs membres de maintenir une constante
activité de recherche, indépendante des enseignements
et programmes de concours, en phase et en lien avec la recherche
internationale, au sein de laquelle ils devraient trouver la manière
la plus efficace de faire entendre leur voix. Ce dernier point
est d'ailleurs crucial : la crédibilité et la force
d'une recherche dix-huitiémiste de qualité, et donc
la possibilité de la défendre à tous les
niveaux, passent impérativement par la pertinence et l'originalité
de sa contribution à, et de sa "conversation"
avec, la recherche internationale en la matière. Tant pour
les étudiants que pour le Ministère (pour des raisons
peut-être différentes), c'est là sa seule
raison d'être.
Pour toutes ces raisons, on ne soulignera jamais assez la nécessité,
complémentaire de l'exigence de qualité et de rayonnement,
de mettre un terme à l'indigence dans laquelle la recherche
en Lettres et Sciences Humaines s'effectue tant bien que mal aujourd'hui.
La difficulté constante et fréquemment vexatoire
qu'il y a à obtenir, soit une participation financière
institutionnelle même minoritaire à un déplacement
pour un colloque ou une recherche en France et à l'étranger,
soit un soutien logistique et financier pour organiser de vrais
colloques internationaux et en faire publier les actes par des
Presses Universitaires dignes de ce nom (à cet égard
la France accuse un retard embarrassant par rapport aux pays équivalents),
soit encore une aide régulière à la constitution
de vrais fonds documentaires, témoigne de la méconnaissance
coupable (car elle n'est pas innocente) qu'ont les autorités
de tutelle (des conseils d'université aux Directions du
Ministère concernées) du fonctionnement de la recherche
en LSH. Le problème n'est pas spécifique aux dix-huitiémistes,
mais ils en souffrent avec la même acuité que les
autres.
Pour donner corps aux propositions émises ci-dessus (ou
d'autres), il serait nécessaire que la SAES joue pleinement son rôle d'instance
nationale pour porter un regard vigilant sur le maintien des grands équilibres
de l'anglistique. Sans interférer avec les décisions et les orientations des
universités ou des collègues en matière de politique de recherche (elle n'en a
ni le mandat ni les moyens), elle pourrait néanmoins tenir en permanence un état
des lieux de la recherche angliciste en France, souligner les déséquilibres,
thématiques ou régionaux, indiquer les domaines déficitaires et l'intérêt d'y
lancer de nouvelles recherches, anticiper sur les départs de collègues, comparer
avec la situation de nos voisins en la matière (ce serait une bonne raison
d'appartenir à ESSE). Prenant le relais de ce travail, pour la communauté
dix-huitiémiste, la Société d'Études Anglo-Américaines des 17e et 18e siècles,
plutôt que de se limiter à l'organisation d'un colloque annuel assez peu
fréquenté (car insuffisamment préparé sur le plan scientifique) et à la
publication à vue, sans réelle politique éditoriale à long terme, d'articles
inspirés par les programmes des concours ou transcrits de communications faites
aux Congrès annuels de la SAES, comme c'est le cas actuellement, devrait assurer
un lien scientifique entre les divers groupes de recherche décrits ci-dessus,
les aider dans leurs activités (colloques, publications), diffuser de
l'information (par le biais d'un site), notamment sur les thèses inscrites, et
éventuellement, à l'image de la Société Internationale d'Étude du Dix-Huitième
Siècle, organiser tous les quatre ans un grand colloque national et
international regroupant toute la "famille" 17è/18è angliciste, sous l'égide de
telle ou telle université parisienne ou de province. Son Bulletin devrait servir
à faire connaître les meilleurs travaux des collègues, grâce à la mise en place
d'un comité de lecture composé d'experts internationaux, d'une politique
éditoriale rigoureuse, permettant un travail sur le long terme et une meilleure
gestion des coûts, et d'un véritable effort de diffusion, notamment par la
définition d'une pratique de publication "en ligne", etc.
Conclusion (index)
Comme tous les autres secteurs d'activité de l'anglistique française,
le dix-huitième siècle est un domaine où des choses passionnantes
et de la meilleure qualité se font et s'écrivent régulièrement
en France. Comme les autres, il souffre de pesanteurs et d'inerties, et d'un
incompréhensible déficit d'image et de reconnaissance, qui pousse
parfois certains au découragement. Tous les collègues avec lesquels
le présent rapporteur s'entretient régulièrement ont pleinement
conscience des difficultés internes du secteur et du travail à
accomplir pour affirmer scientifiquement et politiquement l'apport indispensable
de ses recherches à un regard éclairé sur les mondes anglophones
d'aujourd'hui. Mais les efforts parfois considérables que certains déploient,
dans des conditions souvent difficiles, ne seront vraiment récompensés
que si, comme il est souhaité plus haut, l'ensemble de la communauté
angliciste en reconnaît le mérite et la nécessité
intellectuelle, sans céder aux facilités d'une conception territorialiste
et partiale (et donc anti-universitaire) de la recherche angliciste dans un
pays non anglophone comme le nôtre. Les propositions émises ci-dessus
expriment le point de vue personnel du rapporteur. Elles n'engagent que lui,
même s'il espère avoir brossé un tableau aussi objectif
et sans complaisance que possible et tracé quelques perspectives susceptibles
de recueillir un large assentiment.