CONCOURS EXTERNES DE L'AGRÉGATION -
session 2003
Note du
3-5-2002
NOR :
MENP0201102X
RLR : 820-2
MEN - DPE E1
EXTRAIT DU BULLETIN
OFFICIEL
Anglais
Épreuves écrites et
orales
Écrit : tronc commun
I - Littérature
1 - William Shakespeare. A Midsummer
Night's Dream, Oxford University Press, paperback, éd. Peter Holland,
1995.
N.B. L'édition New Penguin Shakespeare, éd. Stanley Wells
sera utilisée à l'oral.
2 - Jonathan Swift, Gulliver's Travels (1726),
Oxford University Press, Oxford World's Classics, paperback, éd. Paul Turner,
1998.
3 - George Eliot, The Mill on the Floss (1860), Oxford
University Press, Oxford World's Classics, paperback, éd. Gordon S. Haight,
1998.
4 - D. H. Lawrence, Women in Love (1920) Penguin Classics,
2000
5 - Élizabeth Bishop. The Complete Poems (1927-1979). New
York : Farrar, Straus and Giroux, 1983
II -
Civilisation
Le crime organisé à la ville et à l'écran (États-Unis,
1929-1951)
On étudiera le gangstérisme aux États-Unis et son évolution
jusqu'au début des années cinquante avec le développement de la Mafia. L'exemple
de ses représentations dans le cinéma des années trente et quarante (film de
gangsters, film noir, film policier semi-documentaire), engagera une réflexion
sur le statut du criminel et des policiers qui le combattent dans l'imaginaire
hollywoodien (des "flics pourris" du début des années trente aux agents
incorruptibles du FBI, en passant par les "privés" ambigus du film noir), et sur
le rôle du cinéma dans le développement et/ou la répression du grand banditisme.
(C'est la prolifération des films de gangsters qui a provoqué en 1934
l'application stricte du "Code Hays" face à l'évidence croissante de leur
influence sur la jeunesse). En partant du massacre de la Saint-Valentin (14
février 1929) et des premiers films de gangsters (1931-1932 : Little Caesar, The
Public Enemy, Scarface), on s'arrêtera en 1951, avec la fin de la Commission
Kefauver, qui prend la mesure de la nouvelle organisation du crime aux
États-Unis, telle que l'annonçait déjà le cinéma depuis la fin de la Seconde
Guerre mondiale.
La "relation spéciale" Royaume-Uni/États-Unis, entre mythe
et réalité (1945-1990)
Unis par une langue commune, partageant dans une
large mesure, la même culture, confrontés l'un au déclin de son influence
mondiale et l'autre à l'expansion de ses responsabilités internationales, les
deux pays ont, semble-t-il, trouvé dans la convergence de leurs intérêts,
l'instrument d'une solidarité implicite à laquelle Churchill a donné le nom de
"relation spéciale". Cette relation, qui s'affirme de façon visible - et parfois
vivement ressentie par leurs partenaires - dans la gestion des relations
extérieures des deux pays, paraît toutefois échapper à toute définition trop
rigide et relever, outre d'une sentimentalité diffuse exprimée par les opinions
publiques à des degrés divers selon le pays et l'époque considérés, de rapports
de confiance exceptionnels entre certaines élites accoutumées à travailler
ensemble.
C'est, à l'évidence, au cours de la Guerre froide que cette
relation qui s'est fortifiée au cours de la seconde guerre mondiale, a pris sa
pleine consistance. La période délimitée par l'arrivée à la Présidence de Harry
Truman (avril 1945) et le retrait de Margaret Thatcher (novembre 1990) semble se
prêter tout particulièrement à une observation fructueuse de l'évolution de
cette relation.
L'étude de la question mérite d'être conduite à quatre
niveaux :
1 - Le plan stratégique et diplomatique
C'est
l'aspect le plus important de la question. Cette dimension trouve ses racines
dans la fraternité des armes de la Seconde Guerre mondiale et l'élaboration
commune d'un projet d'organisation internationale fondé sur les idéaux
démocratiques et la coopération entre États (Charte de l'Atlantique, 1941). Elle
se concrétise par la présence de nombreuses bases et autres importantes
installations militaires américaines sur le territoire britannique.
La
production, le concept d'emploi et le contrôle de l'arme nucléaire sont au cœur
des relations, souvent difficiles entre les deux pays jusqu'à l'accord de Nassau
(1962) et l'échec du projet de Force multilatérale. Déjà sensibles pendant toute
la phase de genèse du programme nucléaire (projet Manhattan), les tensions
s'intensifient pendant les premières années d'après-guerre qui voient
s'instaurer un contrôle sans partage de l'information relative au nucléaire par
l'administration américaine (loi McMahon, 1946) jusqu'à la relance de la
coopération militaire atomique entre les deux pays en particulier après la crise
de Suez et le lancement du Spoutnik soviétique.
Une fois
amorcée la décélération de la course aux armements (accord SALT I, 1972), la
question du contrôle des armements conventionnels et de la réduction des
arsenaux nucléaires ne verra pas toujours les deux alliés alignés sur la même
position.
En arrière-plan se pose la question de la participation
américaine à la défense de l'Europe (OTAN) à laquelle répondent les tentatives,
plus ou moins fructueuses, des Européens pour mettre en place un système
défensif qui leur soit propre (CED, UEO).
Plus généralement, la question de
l'intégration européenne et le rôle que le Royaume-Uni pourrait jouer dans cette
construction font souvent l'objet d'interprétations divergentes, voire
contradictoires, à Londres et à Washington, notamment lors de la phase de
gestation de l'entreprise. Puis, à partir des années 60, le problème devient
pour Londres de concilier la préservation de la"relation spéciale"avec sa quête
d'un rôle dans le processus d'intégration déjà en train au sein de l'Europe
continentale.
Sur la plupart des grands dossiers internationaux de la
période on observe une identité de vues d'autant plus étroite entre les
responsables des deux pays qu'ils poursuivent une coopération exceptionnelle en
matière de collecte et d'échange de renseignements. On n'en relève pas moins
d'importantes divergences qui ont eu pour cadre le Moyen-Orient : la crise
iranienne au début des années cinquante (jusqu'à l'arrivée de l'administration
Eisenhower), l'affaire de Suez en 1956 qui laissera d'importantes séquelles mais
débouche paradoxalement sur ce qui est peut-être la période la plus intense de
la relation spéciale. D'autres crises majeures seront l'occasion d'observer
certaines failles dans cette alliance réputée indéfectible : politique à l'égard
de l'URSS (à certaines périodes), intervention américaine à la Grenade,
unification allemande.
N.B. - On n'attendra pas des candidats une connaissance
détaillée des opérations militaires.
2 - La dimension économique et
financière
La négociation du prêt américain relevant le prêt-bail,
l'aide américaine au titre du Plan Marshall, ont eu un impact important sur les
relations entre les deux pays, tout comme le soutien des États-Unis et des
organisations financières internationales lors des difficultés économiques que
connaît le Royaume-Uni au cours de la période (crise de la livre de la deuxième
moitié des années 60 et crise budgétaire de 1976 notamment). La question des
investissements directs n'est pas négligeable, pas plus que celle de l'identité
des théories économiques et monétaires qui ont prévalu dans les deux pays à
l'époque de Reagan et Thatcher.
3 - Les relations entre les hommes
Elles constituent une dimension moins perceptible mais tout
aussi capitale de la question.
Relations entre les dirigeants
politiques, les tandems ou couples célèbres : Churchill/Truman et plus tard
Eisenhower ; Macmillan/Eisenhower puis JFK, Reagan/Thatcher. D'autres tandems
ont connu des relations plus complexes ou plus orageuses : Dulles/Eden ;
Wilson/Johnson ; Heath/Nixon.
Relations entre les responsables diplomatiques et
militaires, notamment dans le domaine de la communauté du renseignement dont le
rôle sera capital lors de la guerre des Malouines.
4 - La
réaction des opinions publiques
Les américains sont-ils toujours
perçus comme les cousins d'outre-atlantique et comme les alliés privilégiés ?
Assiste-t-on, au contraire, à la banalisation de cette relation dans la
perception qu'en ont les opinions publiques des deux pays ? On s'interrogera sur
l'image de chacun des deux pays et de leur politique dans l'opinion publique de
l'autre.
III - Linguistique
a -
Phonologie
Bibliographie indicative :
-
Dictionnaire : Jones, D. English Pronouncing Dictionary, 15th edition. Cambridge
: Cambridge University Press, 1998 ;
Ou Wells, J. C. Longman Pronunciation
Dictionary. London : Longman, 2nd edition, 2000.
-
Cruttenden, A. Gimson's Pronunciation of English. London : Edward Arnold,
1994.
- Guierre, L. Règles et exercices de prononciation
anglaise. Paris : Armand Colin, Longman, 1987.
- Roach, P.
English Phonetics and Phonology, 3rd edition. Cambridge : Cambridge University
Press, 2000.
b - Grammaire : les questions ne s'appuient pas sur un programme.
Oral
I - Épreuves à option
Le
programme des options A et B est constitué par le programme des épreuves
d'admissibilité auquel s'ajoute, pour chaque candidat, le programme ci-dessous
correspondant à l'option A ou B qu'il a choisie au moment de l'inscription :
A - Littérature
- William Faulkner, The Sound and the
Fury (1929). A Norton Critical Edition, 2nd edition, edited by David Minter. New
York & London : W.W. Norton & Company,1994.
- Arundhati
Roy, The God of Small Things (1997). London : Flamingo, 1997
B -
Civilisation
L'œuvre en prose de Ralph Waldo Emerson dans Emerson's
Prose and Poetry, Selected and edited by Joel Porte and Saundra Morris. A Norton
Critical Edition. New York & London : W.W. Norton & Company, 2001, pp.
3-427 et pp. 484-530.
N.B. - Les interrogations porteront exclusivement sur le
corpus mentionné ci-dessus (la prose et les journaux) mais il est conseillé
d'avoir lu la correspondance.
Ralph Waldo Emerson (1803-1882),
figure essentielle de cette période intense que F.O. Matthiessen a baptisée la
"Renaissance américaine", continue indéniablement d'occuper une place centrale
dans les lettres et la culture américaines. Celui que Nietzsche salua comme
"l'auteur le plus riche en idées" de son siècle a non seulement œuvré
inlassablement en faveur de l'indépendance culturelle américaine, permettant
ainsi la naissance de l'homme de lettres américain, il a également, par la
réflexion de toute une vie, offert à l'individu américain un arsenal conceptuel
lui permettant de se penser et de concevoir une relation "originale" au monde.
Si l'on est habitué à la représentation parfois caricaturale du
transcendantaliste isolé dans une méditation sur l'absolu et sur le caractère
infini du sujet, il convient de ne pas oublier qu'il fut aussi un intellectuel
impliqué dans toutes les grandes questions de son temps (réformes religieuses et
sociales, vie politique, esclavage, expansionnisme, droits des femmes...). On
s'attachera donc, à la croisée de différentes disciplines (civilisation,
histoire des idées, mais aussi littérature), à suivre le cheminement d'un
penseur qui parvint à la fois à construire et à définir son siècle, afin de
cerner les multiples facettes de ce "Père fondateur" qui se plut à nous narguer
en affirmant, "I am not the man you take me for".
C -
Linguistique
a) Commentaire de texte : le groupe nominal.
Dans son
commentaire, le candidat devra traiter un sujet choisi par le jury dans le
domaine du groupe nominal, et il pourra aussi, s'il le souhaite, consacrer une
partie de son exposé à tout phénomène linguistique représenté dans le
texte.
b) Leçon
Dans le cadre du programme ci-dessous, il est
demandé au candidat de répondre à une question d'ordre théorique ou de discuter
une ou plusieurs affirmations de linguistes tout en illustrant son argumentation
à l'aide d'exemples tirés d'un corpus d'anglais contemporain qui lui sera fourni
lors de la remise du sujet. Des connaissances théoriques sont
attendues.
I. L'irréel.
II. Do.
II - Épreuves communes
Lors de la
préparation de l'épreuve hors programme en anglais, les candidats auront à leur
disposition :
- Dictionnaires unilingues anglais et américain.
- The
Encyclopaedia Britannica.
N.B. - Les éditions sont données à titre
indicatif.