EQUIPE D’ACCEUIL 1566 : SECTEUR INTERDISCIPLINAIRE D’ÉTUDE ET DE RECHERCHES SUR LES CIVILISATIONS ET LES LITTÉRATURES DE LANGUE ANGLAISE

 

Responsables : Catherine Bernard / Françoise Barret-Ducrocq

 

PÔLE 1

— LITTÉRATURE /ESTHÉTIQUE

 

1) Centre de recherche sur les représentations artistiques et littéraires en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle.

Responsable : Frédéric Ogée

Ce Centre réunit une fois par mois une équipe de chercheurs enseignants et doctorants qui, depuis sa création en 1997, s'intéresse à tous les aspects de la problématique et de la pratique de l'échange en Grande-Bretagne au 18ème siècle, à la fois comme pratique consciente et comme structure profonde, ce que Umberto Eco appellerait une "métaphore épistémologique". Recherché et présenté comme indice de modernité dans les comportements sociaux, les démarches scientifiques, les théories et les réalisations artistiques, l'échange est aussi une "forme" d'esprit induite par la prédominance croissante d'une économie de marché et la diffusion des idées empiristes. Dans l'optique transdisciplinaire de notre Centre, définie par son nom, le travail porte avant tout sur la façon dont cette pratique "moderne" de l'échange est, consciemment ou inconsciemment, mise en oeuvre dans les théories et pratiques artistiques au cours du siècle.

Depuis 2000, et fort de ses travaux des deux premières années, le Centre a décidé de développer la problématique de l'échange dans une perspective plus européenne, visant à mieux identifier et analyser la "conversation" des idées et des pratiques artistiques entre la Grande-Bretagne et le continent européen, à une époque où, selon la thèse connue de Linda Colley, l'identité britannique s'affirme avant tout par la recherche d'une différentiation marquée d'avec les autres puissances et peuples européens. De surcroît, il nous a semblé que les Anglicistes non-anglophones européens pouvaient ainsi engager à leur tour une "conversation" autour de cette idée, chacun pouvant faire part de la pénétration des idées et pratiques esthétiques britanniques au sein de sa culture nationale, et vice versa, pour que cette étude contrastive permette à terme de mieux comprendre le concept d'« anglicité » (Englishness) au 18ème siècle, au sein d'une culture des Lumières qui ne se vit pas partout au même  rythme et dans les mêmes termes. En ce début de 21ème siècle où l'Europe "transnationale" cherche à se construire et à se doter de nouvelles formes de "représentations", tant sur le plan institutionnel que culturel, il nous semble intéressant de remonter ainsi aux origines de la notion culturelle d'Europe,  à un moment où l'impact de l'exemple britannique, relayé par tous les grands philosophes, s'est fait sentir de façon importante dans l'évolution des mentalités européennes. Des collaborations ont été établies en ce sens avec les universités de Bologne, Landau, Tours et York, et une première publication reflétant les travaux du Centre paraîtra en 2003.

En 2002-2003, nous interrogerons la nature, voire la pertinence, d'étiquettes nationales comme "jardin anglais", "école anglaise de peinture", "roman (ou poésie) anglaise", "histoire anglaise", "musique anglaise", "langue/idiome", à une époque où toutes ces formes de représentations sont l'objet de nombreuses expérimentations qui ne procèdent pas (ou pas nécessairement) d'une réflexion consciemment nationaliste. Notre réunion de rentrée aura lieu le lundi 4 novembre 2002, à l’UFR d’études anglophones (salle C40). Par ailleurs, notre Centre sera directement associé aux diverses manifestations qui accompagneront la tenue de l'exposition « John Constable : le choix de Lucian Freud » au Grand Palais d'octobre à janvier prochains : 4 conférences (23 octobre, 6, 7 et 13 novembre : O.Meslay, M.Baridon, D.Bindman et B.Jobert), ainsi qu'un "symposium" fermé qui se tiendra le mardi 7 janvier dans l'exposition en présence de nombreux historiens d'art britanniques et français (manifestations organisées conjointement avec le British Council et l'Institut National d'Histoire de l'Art. Enfin, notre Centre sera co-organisateur du  colloque international "Texte & Architecture" que Paris 7, le College of the Holy Cross (Worcester, Mass.) et la revue INTERFACES organisent à Paris 7 les 26-28 juin 2003.

 

 

2) Groupe de recherche interuniversitaire sur la poésie anglophone

Responsable : Paul Volsik

 

        Ce groupe de recherche s'est fixé plusieurs objectifs. Il sert, en premier lieu, d'observatoire sur la production poétique contemporaine en organisant des rencontres autour de textes récents marquants (ex. : la rencontre récente autour du poème de Geoffrey Hill: The Triumph of Love, 1998) et cherche à faire connaître de jeunes poètes, en présentant des recueils. Il organise, par ailleurs, la visite de poètes (ex. Ciaran Carson

en mars 2000, Lavinia Greenlaw , Jamie McKendrick , Hugo Williams en mars 2001 et Michael  Longley en 2002) afin de mieux faire connaître ce genre et susciter des vocations de recherche  auprès des étudiants. Il constitue des bases de données bibliographiques (informatisées) et des dossiers (coupures de presse) sur des poètes individuels afin de faciliter la recherche ; il fait circuler des informations pratiques (appels à communications, informations sur l'accès au monde anglophone - inscription

de publications françaises dans les bibliographies américaines etc). Le groupe se réunit tous les mois selon un programme établi à la rentrée universitaire. Actuellement il travaille sur le rythme. Il a, par exemple, invité Henri Meschonnic en juin 2001 et le spécialiste britannique du vers libre Clive Scott en mai 2002.

        En juin 2002, le Grip a organisé un important colloque international sur le thème "Collage / montage / assemblage", réunissant des chercheurs français, américains, australiens et britanniques.

 

3) Le livre et l’édition dans le monde anglophone

Responsable : Marie-Françoise Cachin

 

Les activités du groupe de recherche sur le livre et l'édition en Grande-Bretagne (19e-20e siècles (devenu GRALE, Groupe de Recherche sur l'Auteur, le Livre et l'Edition en 1999) se situent au carrefour de plusieurs disciplines : histoire littéraire et littérature à proprement parler, mais aussi histoire des idées, histoire économique et sociale, histoire de l'art.      

          Elles s'articulent actuellement autour de deux axes principaux. Le premier est l'histoire de l'édition en Grande-Bretagne aux XIXe et XXe siècles, notamment l'étude des rapports existant entre la publication d'œuvres littéraires et les contextes culturels dans lesquels elle s'effectue (relations auteur/éditeur/lecteur, modes de publication, censure, réception, histoire éditoriale d'un livre ou d'un écrivain, pratique de l'illustration, traductions et traducteurs). Le deuxième axe de recherche concerne la valeur littéraire (les "classiques", la reconnaissance littéraire, les prix littéraires, la critique, la canonisation). Bien que centré essentiellement sur le roman, les travaux peuvent porter sur des genres spécifiques comme la littérature de voyage ou la littérature jeunesse. Les sources primaires à la disposition des chercheurs de ce domaine sont nombreuses, à commencer par les archives d'éditeurs, recensées à travers toute la Grande-Bretagne et facilement accessibles, mais aussi les correspondances, journaux intimes et autobiographies d'écrivains. D'importantes archives sont également consultables aux Etats-Unis provenant de maisons d'éditions de tous pays, et certains membres du groupe ont déjà pu en exploiter certaines.

            Les réunions de ce groupe de chercheurs se poursuivront à intervalles réguliers (tous les deux mois). Les thèmes envisagés pour les quatre années à venir sont les suivants :

1) rôle et signification culturelle du paratexte éditorial en Gr.-Bretagne et aux Etats-Unis

2) l'édition-jeunesse à travers l'influence internationale de la  Grande-Bretagne

3) la valeur littéraire et ses signes de reconnaissance : Publishers' Readers' Reports, la critique, les prix littéraires, l'émergence de "classiques" et le phénomène de "canonisation"

4) les traductions (intraductions et extraductions) entre la France et les pays anglophones

 

4) « Lire et représenter le présent ». Littérature et arts plastiques en Grande-Bretagne au XXe siècle, théorie, société.
Responsable : Catherine Bernard

 

            Ce groupe de recherche réunit des universitaires et des jeunes chercheurs travaillant sur la littérature ou sur les arts plastiques britanniques du XXe siècle, mais aussi sur les développements les plus récents de la théorie esthétique et littéraire anglo-américaine. La réflexion porte donc tant sur les bouleversements des modes de représentation qui eurent lieu au XXe siècle (Modernisme, “post-modernisme”) que sur les outils théoriques développés depuis le “New Criticism” pour comprendre la logique formelle des arts, comme leur interaction avec le monde.

            Ce travail d'exploration de la création en Grande-Bretagne au XXe siècle se déploie selon une triple perspective critique :

 la production artistique est réhistoricisée et inscrite dans son contexte théorique et épistémologique, afin de mettre au jour cet “inconscient politique” qu’évoque Fredric Jameson.

— c’est plus largement encore et dans un même mouvement, l’inconscient idéologique de la critique qui est pris en compte, afin de mieux cerner le statut historique de tout geste théorique. Une part importante du travail de réflexion consiste par conséquent à faire le point sur les derniers développements de la théorie contemporaine et à les réinscrire dans une histoire de la critique. Ces deux dernières années, le groupe s’est concentré sur les interrogations éthiques de la critique anglo-saxonne récente (Martha Nussbaum, Wayne Booth, l’influence de Levinas sur la critique littéraire…).

A partir de l’année prochaine la réflexion portera sur les avatars théoriques du préfixe “post” (post-moderne, post-colonial post-éthique, post-humanisme…), afin de mieux cerner cette pensée de la sortie de l’Histoire, ainsi que ses paradoxes et ses dérives.

 — parallèlement, l’analyse vise à comprendre comment la littérature britannique du XXe siècle tente de redéfinir les modalités d'une praxis de l'art qui puisse encore dire et penser le présent. Wyndham Lewis, Virginia Woolf, Edward Bond, D.M. Thomas, Martin Amis, Simon Armitage, mais aussi l’Independent Group, les Young British Artists… autant d'écrivains, de peintres, de plasticiens qui tentent de jeter les bases d'une écriture utopique au delà des incertitudes de l'atopie du sens, au carrefour des interrogations théoriques et formelles.

 

* * *

PÔLE 2

— CIVILISATION

 

1) Culture et démocratie

Responsable : Françoise Barret-Ducroq

            Le travail de recherche du centre “Culture et démocratie” s’est, ces dernières années, concentré plus spécifiquement sur la question de la place de la femme dans la société britannique, le centre poursuivant ainsi la réflexion précédemment menée au sein de l’UFR par Françoise Basch, aujourd’hui professeur émérite à Paris 7.        Lors de ce colloque, ouvert par Madame Chris Gamble alors directrice du British Council et clôt par Madame Geneviève Fraisse, secrétaire au droit des femmes, quinze experts anglais et français ont présenté une intervention. Il a rassemblé plusieurs centaines de participants venus d’universités de Paris et la région parisienne et aussi de province.

                        Les journées de recherche organisées par le pôle “Histoire de la société moderne et contemporaine”, qui réunissent de nombreux participants et notamment des doctorants et des jeunes docteurs, sont organisées avec la collaboration du conseil scientifique de l’UFR des pays anglophones de Paris 7 Denis-Diderot, avec le British Council et en coopération avec des universités ou de grandes institutions françaises et britanniques, notamment l’Ecole nationale d’administration, la Bibliothèque nationale, la Maison des Sciences  de l’Homme, The London School of Economics, The Thomas Coram Foundation ainsi que les universités de Paris III Sorbonne nouvelle, Cambridge, Oxford, Dublin, Brighton, Manchester. Le groupe de recherche est étroitement lié au Ceric dirigé par Marie-Claire Hook-Demarle dans le cadre du DEA Sociétés occidentales, Temps, espaces et civilisation, option : études inter européennes.

           

2) Atelier de recherche sur l’irlande

Responsable : Wesley Hutchinson

Les études irlandaises sont solidement implantées à Charles V depuis de longues années. Afin d'encourager leur futur développement à l'Institut, il a été décidé de créer un atelier de recherche sur l'Irlande, sous l’impulsion du Professeur Wesley Hutchinson, nommé à Paris 7 en 1999. Cet atelier permettra l'ouverture d'un espace scientifique capable de mieux prendre en compte la politique, l'histoire et la culture de l'île dans leur spécificité comme dans leur universalité.

a) L'Irlande du Nord

La fonction collective de la mémoire constitue un domaine particulièrement sensible dans une société divisée. En France, l'Edit de Nantes nous montre comment un Etat confronté à un pays profondément divisé selon des lignes de fracture religieuse et politique a recherché le consensus en décrétant l'amnésie, identifiée comme condition sine qua non de toute paix civile. Il est évident qu'en Irlande du Nord, au contraire, on a fait le choix de la mémoire. Cependant, en dépit des tentatives contemporaines de dégager une vision commune, cet appel à la mémoire n'a pas toujours été fait dans un but consensuel. La façon dont la mémoire est mobilisée pour délimiter et rendre cohérente une communauté, la sélection de certains événements, l'effacement, l'oubli d'autres font que la mémoire est souvent détournée au service d'identités rivales. Puisque chaque communauté est encouragée à se souvenir de choses différentes, l'acte rassembleur de la "commémoration", le souvenir collectif en public, devient vite acte de provocation. Aborder la question du point de vue de la "concurrence mnémonique" nous permettra d'examiner non seulement le contenu de ces mémoires rivales mais aussi ceux qui orientent, qui structurent ces différences : partis politiques, groupes paramilitaires, églises, gouvernements, organisations culturelles et linguistiques, tous à leur façon contribuent à cette entreprise historiographique et identitaire d'un enjeu territorial fondamental.

b) La République d'Irlande

Si l'Irlande du Nord contemporaine constitue une des aires privilégiées de la recherche de ce nouvel atelier, celui-ci tient dès le départ à équilibrer son approche en élargissant son champ de réflexion à l'ensemble de l'île. Bien plus qu'un simple exercice comparatiste nous permettant d'examiner les mutations de la "mémoire nationale" dans un contexte a priori plus favorable que celui de l'Irlande du Nord, le travail sur la République va dégager d'autres problématiques. Une plus forte présence de communautés "minoritaires", notamment des travellers et des immigrés - le succès économique de l'Irlande fait que pour la première fois de son histoire, elle devient terre d'immigration - nous amènera à aborder d'autres mémoires qui n'obéissent pas aux régles binaires orthodoxes de la société irlandaise. Ce dernier champ de travail, en dehors du fait qu'il reflétera avec plus d'acuité la diversité culturelle de l'Irlande contemporaine, permettra des échanges avec d'autres sous-groupes au sein du CRIB, par exemple, celui sur les minorités ethniques en Grande-Bretagne.

Insertion dans un réseau de recherche

Au-delà du contexte de l'Institut, un tel atelier de recherche viendra s'insérer dans des réseaux de recherche nationaux et internationaux. Qu'il s'agisse, au niveau national, de l'UPRES-EA 1775 "Etudes irlandaises" ou de la Société Française des Etudes Irlandaises (SOFEIR), ou au niveau international de la European Federation of Associations and Centres of Irish Studies (EFACIS), l'atelier de recherche bénéficie de liens solides déjà tissés. En outre, plusieurs personnalités des milieux universitaire, politique et culturel, dont Lord Alderdice, Président de l'Assemblée parlementaire nord-irlandaise, Paul Brennan, Professeur à Paris III, Terence Brown, Professeur à Trinity College, Dublin, Edna Longley, Professeur à Queen's University, Belfast et Maurice Goldring, Professeur émérite à Paris VIII ont déjà accepté de soutenir ce projet et d'intervenir personnellement dans le cadre de ses activités. Le choix d'une thématique comme celle proposée ici permettra à l’UFr d’Etudes anglophones de se distinguer dans un champ de recherche en pleine expansion en France et à l'étranger.

 

3) Relations inter-ethniques au Royaume-Uni

Responsable : Lucienne Germain

 

Ce groupe de recherche s'intéressera, d'une part aux rapports entre les différentes minorités religieuses et / ou de couleur avec la société d'accueil (modes

d'intégration spécifiques, phénomènes de rejet, législations) et, d'autre part, aux relations entre ces minorités elles-mêmes (collaboration, rejet, stéréotypes inter-ethniques).

Ce groupe, première tentative en France pour rassembler des chercheurs travaillant sur ces questions, a l'ambition de réunir des enseignants chercheurs, des doctorants et d'associer à ces travaux des spécialistes européens. Il est prévu six journées d'étude : deux en 2001, 2002 et 2004 et un colloque international de deux jours en mars 2003 qui sera suivi d'un numéro des Cahiers Charles V consacré aux minorités ethniques.